Tests de la Relativité
Générale et moment quadrupolaire solaire :
Paramètres Post-Newtoniens :
Les paramètres Post-Newtoniens (PN) permettent
de tester les théories relativistes alternatives de la
gravitation. Ils sont normalisés à 1 dans le cadre
de la Relativité Générale. Dans le cadre
d'une théorie métrique de la gravitation, qui de
plus serait complètement (énergie-moment, moment
angulaire) conservative, seuls trois paramètres Post-Newtoniens
sont à considérer. Si de plus on se restreint aux
théories purements dynamiques (c-à-d les théories
métriques dont les champs gravitationnels ont leur structure
et évolution déterminée par des équations
différentielles couplées), alors, seuls deux paramètres
Post-Newtoniens sont significatifs. Le premier, γ,
carractérise la quantité de courbure par unité
de masse au repos; le second, β,
la non-linéarité dans la loi de superposition de
la gravité.
Différents tests effectués dans le système
solaire permettent de contraindre fortement ces deux paramètres,
soit les meilleures contraintes actuelles γ -1=(-2.1+/-
2.3) 10-5 fourni par la mission CASSINI (Bertotti et
al., 2003), par la déflection de la lumière, et
β obtenu par combinaison avec les contraintes sur
l'effet Nordtvedt, η=4b -γ -3=0.0002
+/- 0.0009, grâce à la télémétrie
Laser Lune (Lunar Laser Ranging) (Wi2001). La Relativité
Générale n'est donc pas exclue par ces tests.
Test de déflexion de la lumière
/ retard temporel relativiste :
L'espace-temps est déformé par la présence
de matière (soit le soleil de masse M, rayon R,
spin J et moment quadrupolaire gravitationnel J2).
En conséquence, la lumière est défléchie,
ce qui peut-être mesuré par un angle, α
(voir expression ci-dessous ou la valeur J2
=2 10-7 a été adoptée pour l'estimation;
c, est la vitesse de la lumière dans le vide;
G, la constante de Newton), ou interprété
en termes d'un retard temporel.
Test de l'avance du périhélie :
En gravitation relativiste, il existe un précession supplémentaire
du périhélie des planètes par rapport à
une modélisation képlérienne du Système
Solaire. Soit pour une planète de paramètres orbitaux
a, e, i; avec Rsch =2GM/c²,
le rayon de Schwarzschild du Soleil.
Figure : L'espace-temps est déformé
par la présence du Soleil, ce qui cause la déflexion
de la lumière,
mesurée par un angle α.
Paramètres solaires
(spin, moment quadrupolaire) via la dynamique du mouvement des
photons ou des corps du système solaire :
L'équipe AMS de GEMINI aborde, entre autres, l'étude
de l'aplatissement
solaire (ε), des coefficients de forme (asphéricités,
cn), et les moments
gravitationnels du Soleil (J2, J4
...). Usuellement, l'étude des moments gravitationnels
du Soleil est principalement basée sur des observations
solaires (hélioséismologie, diamètre solaire)
et des modèles solaires de rotation et de densité.
Cependant, différentes méthodes (équations
de structure stellaire couplées à un modèle
de rotation différentielle, théorie de la Figure
du Soleil, hélioséismologie) conduisent à
différentes estimations des Jn, qui,
si elles s'accordent sur l'ordre de grandeur (10-7),
divergent quant aux valeurs précises.
L'équipe AMS rejoint des préocupations de la
physique fondamentale, car les mêmes moments gravitationnels qui
conduisent à des déformations de la surface solaire,
les asphéricités, ont également un
rôle dynamique en déflexion de la lumière
ou en mécanique céleste (notamment
par l'avance du périhélie des planètes (voir
Laskar, 1999 et 2004). De plus, dans les éphémérides,
la détermination de J2 est fortement
corrélée à la détermination des Paramètres
Post-Newtoniens (PPN) caractérisant
les théories relativistes de la gravitation. Enfin,
la méconnaissance de J2 est aussi un
frein à la détermination de modèles du système
solaire à long terme.
Figure : Au travers des couplages spin-orbite,
le spin et le moment quadrupolaire solaires influencent le
mouvement des planètes
Les aspects relativistes sont cruciaux dans
l'approche dynamique des paramètres solaires et ouvrent
des perspectives intéressantes pour le futur. Dans ce contexte,
il est intéressant d'obtenir une contrainte dynamique de
J2, indépendante des modèles
solaires de rotation et de densité, servant par la suite
à contraindre ces modèles (Pireaux et Rozelot, 2003).
Une telle étude est pertinente dans l'objectif des futures
missions spatiales :
- BeppiColombo
: 2012, meilleure détermination des PPN; mesure possible de la précession de la ligne des
nœuds de Mercure fonction de J2, voir (Turyshev et al., 1996;
Milani et al, 2001).
- GAIA : 2012,
meilleure détermination des PPN, décorrélation possible PPN-J2 grâce
à l’avance relativiste du périhélie
des planètes et planètes mineures, voir (Hestroffer
et Berthier, 2004; Mignard, 2004; Vecchio et al., 2005)
- PICARD
: 2008, meilleure mesure du diamètre solaire, à
différentes latitudes
- GOLF-NG
: version terrestre en 2006, mission spatiale 2008-2010, détermination
précise de la rotation du cœur où la quasi
totalité de la masse est concentrée.
D'autres projets tels ASTROD (Ni, 2002) ou
LATOR (Turyshev et al., 2005) proposent des perspectives
intéressantes, soit d'accéder au J2,
voire même au moment angulaire solaire pour ASTROD, grâce
à la déflection de la lumière.
Par le passé, des contraintes dynamiques, certes faibles,
avaient déjà pu être posées sur J2
de par l'observation des librations de la Lune (Bois et Girard,
1999; Rozelot et Rösch, 1997): J2 <
3 10-6.
Autre paramètre clé des modèles solaires,
qui pourrait lui aussi être contraint de manière
dynamique, son spin, de par les couplages spin-orbite qu’il
introduit en mécanique céleste.
Bibliographie :
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Folkner, W.M.:
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Hestroffer, D. et Berthier, J.: 2004, Proceedings of the Symposium
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4-7 October 2004, Observatoire de Paris-Meudon, France, ESA SP-576,
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Laskar, J.: 1999, Phil. Trans. of the R. Soc. London A., 357,
1735-1759
Laskar, J., Robutel, P., Joutel, F., Gastineau, M., Correia,
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4-7 October 2004, Observatoire de Paris-Meudon, France, ESA SP-576,
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Milani, A., Vokrouhlicky, D., Villani, D., Bonanno,
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Ni, W.T.: 2002, Intern. J. Mod. Phys. D, 11, 947, 2002
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Pireaux, S., Standish, E.M., Pitjeva, E. et Rozelot, J.P.: 2005,
en préparation
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Turyshev, S.G. et al. (LATOR collaboration) 2005: to appear in
the proceedings of the 39th ESLAB Symposium: Trends in Space Science
and Cosmic Vision 2020, Noordwijk, The Netherlands, 19-21 April
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Vecchio, A., Lattensi, M.G, Bucciarelli B. et al, A & A,
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