PERROTIN
Henri, Joseph, Anastase (1845-1904)
Astronome, Directeur de l’Observatoire de Nice
Henri Perrotin qui était le fils d’un employé
du service du télégraphe fit ses études au lycée
de Pau, puis à la Faculté des Sciences de Toulouse, où
son professeur était Félix Tisserand. Quand ce dernier
fut nommé directeur de l’Observatoire
de Jolimont , nouvellement
fondé à Toulouse, il invita son étudiant à
venir y travailler.
C’est avec Tisserand que Perrotin commença
sa carrière astronomique, en découvrant le 19 mai 1874,
la petite planète qu’il baptisa Tolosa. Il eut un certain mérite,
compte tenu des instruments dont il disposait.
Il découvrit encore 4 astéroïdes, entre 1874
et 1878. Ces premiers travaux pratiques furent couronnés
par l’Académie des Sciences qui lui décerna le prix Lalande.
En bon élève de Tisserand, il s’orienta vers
la Mécanique Céleste, et entreprit la première théorie
précise de l’astéroïde Vesta, qui fournit la matière
de sa thèse de doctorat. Dans celle-ci, il développait la
fonction de perturbation jusqu’au huitième ordre relatif aux excentricités
et aux inclinaisons, une réalisation qui a été appliquée
par les astronomes pour vérifier les récentes théories
de Vesta.
Quand Bischoffsheim
créa son observatoire à Nice, Tisserand
lui recommanda d’engager Perrotin pour en assurer l’aménagement
et la direction scientifique.
Celui-ci s’établit au Mont Gros, en 1881, et cette même
année, il déterminait, avec Bassot les différences de longitudes entre Nice
et Paris, et entre Milan et Nice.
Puis il était chargé par l’Académie des
Sciences d’aller observer le passage de Vénus, l’année suivante,
en Patagonie. En même temps qu’il organisait au Mont Gros
des observations météorologiques et magnétiques, il
poursuivait ses observations d’étoiles doubles, de grosses et petites
planètes.
Il fit des études notables sur les planètes,
en particulier Mars et Vénus. Il tenta de vérifier
les «canaux de Mars» que Schiaparelli, à Milan, avait
remarqués en 1882. Avec Thollon, à la lunette équatoriale
de 38cm la planète, il en retrouva toute une série et
produisit des dessins semblables à ceux de Schiaparelli. Ses observations
détaillées de la surface martienne permirent une notable
avancée dans sa connaissance.
La rotation de Vénus, si difficile à
évaluer, l’intéressa également. Il ne parvint pas à
en donner une mesure correcte, mais il remarqua visuellement, 70 ans
avant leur découverte photographique, les structures en Y et en
Psi que l’on reconnaît aujourd’hui dans les nuages vénusiens.
Enfin, il aperçut des détails nouveaux dans
les anneaux de Saturne.
Avec Cornu, qui avait installé
à l’Observatoire de Nice les appareils qu’il avait employé
pour la mesure de la vitesse de la lumière, à Paris, il fit
une série d’observations très soignées pour améliorer
cette mesure.
Ils choisirent la méthode de la roue dentée
mise au point par Fizeau, appliquée entre le Mont Gros et le Mont
Vinaigre, point culminant de l’Estérel. La valeur
de 299.880 km /seconde, obtenue en 1902, en utilisant cette trajectoire,
fut considérée comme la meilleure estimation jusqu’à
celle de Michelson(1926).
Il pensait opérer sur une base beaucoup plus grande
encore, en reportant l’une des extrémités jusqu’en Corse, au
sommet du Monte Cinto, et avait déjà fait, dans ce but, des
reconnaissances sur le terrain, quand la mort le surprit à Nice.
Henri Perrotin a fondé les Annales de l’Observatoire
de Nice, dirigeant les 10 premiers volumes, et en rédigeant plusieurs,
dont un consacré à certains de ses travaux astronomiques
et un autre donnant la «Description de l’Observatoire
de Nice ».
Correspondant de
l’Académie des Sciences (1892).
Correspondant du Bureau des Longitudes (1894).
Dessins des particularités que Perrotin
avait cru observer sur la surface de Vénus du 23 mai au 27 septembre
1890, et qui sont aujourd’hui connues sous le nom de structures en Y et
en Psi des nuages vénusiens.
Raymonde
BARTHALOT
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Références:
E. STEPHAN, Notice, Annales de l’Observatoire de Nice,
t.8, 1904.
J. R. LEVY, Henri Perrotin, Dictionary of Scientific Biography,
14 volumes, ed. Charles Scribner’s sons, New-York, 1970-76.
W. TOBIN, Toothed wheels and rotating mirrors: Parisian astronomy and
mid-nineteenth century experimental measurements of the speed of light,
in Vistas in Astronomy, 36, 1993, (253-294).
R.BARTHALOT, Henri
Perrotin,
Biographical Encyclopedia of Astronomers, Kluwer Academic Publishers, (en
cours d'édition)