220318 ThumbFPlowFrançois Passelegue, chargé de recherche CNRS au laboratoire Géoazur (CNRS-UCA- OCA- IRD) dans l’équipe Séismes fait partie de la nouvelle génération de géophysiciens qui reproduit les tremblements de terre à l’échelle du laboratoire dans des conditions de pression et de température contrôlées.  Cette approche, développée pendant sa thèse réalisée à l’ENS avec Alexandre Schubnel, puis avec Federica Paglialunga à l’EPFL de Lausanne, a été mise en avant dans un article de la recherche n°569 du 17 mars 2022.


La rupture des failles présentes dans la croûte terrestre déclenche des séismes. Mais les failles sont impossibles à étudier dans la nature dans toute leur richesse et leur complexité. Les géophysiciens exploitent donc des modèles en laboratoire. En bardant ces failles de capteurs et en étudiant leur comportement, ils obtiennent des résultats analogues aux tremblements de terre naturels. Demain, on utilisera des méthodes d’apprentissage profond de l’intelligence artificielle pour analyser les données de sismicité obtenues au laboratoire sur des failles de grande dimension, afin de tester les prévisions physiques qui ne seront plus uniquement fondées sur les probabilités.

220318 TableExperimentation lowGrace à une ERC (ERC-HOPE) obtenue en 2022, une plateforme expérimentale en mécanique des roches va permettre de reproduire des séismes sur des matériaux analogues. L’utilisation de ces matériaux, de par leurs propriétés physiques prédéterminées, permet de reproduire à l’échelle métrique, la physique de la rupture ayant lieu à des échelles kilométriques dans la nature.
Cette plateforme expérimentale de dernière génération, sera opérationnelle dans les locaux de Géoazur à l’automne prochain.

Cette approche permettra de faire le lien avec les études réalisées au laboratoire par Frédéric Cappa et Luis de Barros sur des glissements provoqués par injection de fluides dans des failles de surface sur le terrain, puis d’extrapoler les résultats à l’échelle des failles naturelles étudiées par les sismologues, tectoniciens et ingénieurs des équipes de Géoazur.

Référence article : « La rupture de failles, l’inconnue » la Recherche N°569 avril-juin 2022

Contact à Géoazur
(CNRS-UCA-IRD-OCA)
François Passelegue, Chargé de Recherche CNRS
mail :

Photo : Table d’expérimentation, mise au point par Federica Paglialunga et Marie Violay à l’EPFL, permettant de tester en laboratoire des failles de 2 mètres de longueur. Une table similaire est en cours d’installation à Géoazur
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