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ELEMENTA #3 – Rencontres Art & Science

IconeELEMENTAObserver, ressentir, créer : quand l’art et la science dialoguent à l’Observatoire de la Côte d’Azur

De janvier à mai 2025, l’Observatoire de la Côte d’Azur (OCA) a accueilli une série de rencontres Art & Science dans le cadre de son partenariat avec l’association CIRCA – Recherche et Création en Art Contemporain. Cette programmation, copilotée par l’OCA et CIRCA, s’inscrit pleinement dans l’offre culturelle 2024–2025 de l’établissement et a été conçue en écho à la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC) organisée à Nice.

À travers cette initiative, l’Observatoire affirme son rôle d’acteur scientifique et culturel du territoire, engagé dans le dialogue entre recherche, création contemporaine et société.

Croiser les regards pour comprendre le monde autrement

Inscrites dans la dynamique de la Biennale ELEMENTA #3, ces rencontres ont réuni artistes et scientifiques autour d’un objectif commun : croiser les regards pour renouveler notre compréhension sensible du monde. Géologues, géophysicien·nes, cosmochimistes, géographes, planétologues et artistes ont partagé pratiques, méthodes et questionnements.

Roches, sédiments, météorites, données scientifiques, odeurs et sons sont ainsi devenus des matières à récit, capables de raconter la Terre, le vivant et les strates de l’anthropocène. Loin de juxtaposer disciplines et savoirs, ELEMENTA #3 a favorisé de véritables espaces de recherche partagée, où l’expérimentation artistique dialogue avec la rigueur scientifique.

Les laboratoires comme espace de création

Au sein des laboratoires GéoAzur et Lagrange, ces échanges ont donné naissance à plusieurs collaborations inédites.

Eve Pietruschi La danse des éléments

En dialogue avec Audrey Galve, François Michaud, Nicolas Coltice et Guy Libourel, l’artiste Eve Pietruschi a développé une recherche fondée sur la distillation de terres, de carottes sédimentaires et de météorites.
Avec son installation La danse des éléments, l’odorat devient un outil de perception et de mémoire, révélant une autre manière de « faire parler » la matière et d’appréhender les processus géologiques et cosmiques.

Alix BoillotOcéan primordial et récits du cosmos

L’artiste Alix Boillot a exploré, avec Nicolas Coltice, les origines du vivant dans l’océan primordial et les analogies entre les environnements aquatiques anciens et le liquide amniotique. Ces réflexions entrent en résonance avec ses œuvres Lacrymoire et L’Éternité en sel, réalisées lors de la Biennale de Lyon 2024 et présentées dans l’exposition.

Ses échanges avec Patrick Michel, planétologue, ont élargi la réflexion à l’origine de l’eau sur Terre, aux relations entre la Lune et les marées, ouvrant de nouvelles pistes de création mêlant sciences du cosmos, récits mythologiques et transmission des savoirs.

Des profondeurs océaniques aux futurs géologiques...

Javiera Tejerina-Risso¿Dónde empieza el fin del mar ?

L’artiste Javiera Tejerina-Risso a mené ses recherches avec Nicolas Coltice, François Michaud et Audrey Galve autour des zones de subduction, des frontières entre mer et continent et des futures strates géologiques de l’anthropocène.
Sa participation à une campagne océanographique et l’accès à des échantillons scientifiques ont nourri l’œuvre ¿Dónde empieza el fin del mar ?, composée de traces et de matières issues des profondeurs océaniques. Cette création a été complétée, lors de l’exposition, par l’installation Alianzas, réalisée lors de sa précédente résidence (2023–2024).

Camille Franch-GuerraRésilience cartographiée du mouvement #1

La collaboration entre Camille Franch-Guerra et Damienne Provitolo, chercheuse au laboratoire GéoAzur et membre de l’équipe Risques, a porté sur les comportements humains, les vulnérabilités territoriales et les zones d’incertitude face aux changements climatiques.
De ces échanges est née une réflexion sur la manière de traduire la complexité scientifique en expérience perceptive, sans en trahir la rigueur. L’installation Résilience cartographiée du mouvement #1, présentée dans l’exposition, donne à voir l’empreinte du vivant soumis à des conditions climatiques éprouvantes, plaçant le vivant au cœur du dispositif artistique.

Une exposition enrichie : gestes, eau et mémoire

Souhaitant prolonger ces réflexions, CIRCA et l’OCA ont enrichi l’exposition avec quatre artistes supplémentaires et trois œuvres.

Dans la continuité du travail de Camille Franch-Guerra sur le vivant, Célia Cassaï présente Plateaux calcaires, une œuvre née d’un accident d’expérimentation. Cette matière en transformation interroge la place de l’erreur dans les processus expérimentaux et fait écho à la transformation des sédiments en biologie.

Avec la série YAD, Donia Ouassit explore l’empreinte des mains. YADI 1 et YADI 3, moulures recueillant l’eau, invitent au partage autour du geste, du rite et de la transmission.

Enfin, autour de la thématique de l’eau et du liquide amniotique, le duo d’artistes Jimmy Bourry et Charlotte Gautier Van Tour a conçu une installation et une performance OSMOS. Inspirés de structures marines, des vases remplis d’eau et reliés à des capteurs deviennent des portails sensoriels, établissant une relation mémorielle entre les océans et le corps humain. La performance OSMOS invite le public à entrer en contact avec l’eau et à se souvenir de ses origines.

Une expérience sensible partagée avec le public

Ces recherches ont fait l’objet d’une première préfiguration publique lors de la Nuit européenne des musées, le 17 mai 2025, à travers performances, ateliers sensoriels et temps de médiation.

La restitution complète s’est tenue le 31 octobre 2025, lors du vernissage, réunissant installations, dispositifs olfactifs et rencontres avec les artistes et les scientifiques. Le public a pu assister à la performance OSMOS, « goûter l’eau » à travers les décoctions réalisées par Eve Pietruschi, ou encore « manger la terre » grâce aux créations culinaires de Donia Ouassit.

La clôture de l’exposition, lors du finissage, a été marquée par une lecture croisée des textes des artistes et des scientifiques, suivie d’une rencontre avec Benoît Carry, astronome au laboratoire Lagrange, autour de la thématique de l’eau. Ce moment a permis aux visiteurs de faire à nouveau l’expérience du goût de l’eau et de la terre, en prolongeant le parcours sensoriel de l’exposition : « goûter l’eau », et « manger la terre » par les mêmes artistes.

Art et science, des langages complémentaires

Au total, près de 400 personnes ont été sensibilisées à cette démarche à travers visites, ateliers et actions de médiation.

Soutenues par l’Observatoire de la Côte d’Azur, la DRAC, le CNRS, l’axe Risques et leurs partenaires, les rencontres ELEMENTA #3 – Art & Science illustrent l’engagement de l’OCA en faveur de l’interdisciplinarité, de la création contemporaine et du dialogue entre recherche scientifique et société.
En écho aux enjeux portés par l’UNOC, elles rappellent que l’art et la science sont deux langages complémentaires pour comprendre, ressentir et habiter le monde.

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